Oui, vous avez raison M. Ratsiraka

Le 12 août 2015, un entretien télévisé avec M. Ratsiraka, un show médiatique pour être précis, était réalisé par trois des meilleurs journalistes malgaches. L’émission se focalisait sur l’ouvrage de Cécile Lavrard-Meyer publié chez Karthala (2015): “Didier Ratsiraka. Transition démocratique et pauvreté à Madagascar“, fruit de longues échanges entre l’historienne et l’ancien chef d’Etat. Ouvrage qui marche bien d’ailleurs (selon ce tweet  de l’éditeur).

L’homme était égal à lui-même: il aime afficher l’image de quelqu’un d’intelligent, cultivé voire omniscient. Bien sûr, les journalistes étaient censés être là pour lui poser des questions et écouter ses réponses. Mais à maintes reprises quand même (comme lorsqu’on évoquait les éléphants blancs), ils voulaient le titiller jusqu’au bout. Le problème, c’est que l’exercice perdait de son intérêt dès qu’on argumentait mal face à un rhéteur aussi habile. Le monsieur pouvait ainsi débiter des inepties quand les bonnes questions n’étaient pas posées. La séquence sur l’article 8 de la Constitution illustre bien ce genre d’échange entre un beau parleur qui opinait de façon indigente sur des points de droit et des journalistes sans aucun répondant sur la question (NB: l’une des journalistes a une maîtrise en droit). Alors oui, M. Ratsiraka avait raison quand il ironisait que ses connaissances en droit sont peut-être désuètes, lui qui n’a fait qu’une année de droit à la Sorbonne, quant à certaines de ses critiques sur les prescrits constitutionnels.

Autopsie de la campagne municipale à Antananarivo

Dans le précédent article (Echecs de la campagne municipale à Antananarivo), un constat d’échec a été brossé en ce qui concerne la campagne des différents prétendants à la magistrature de la Capitale. Évidemment, les candidats ne se trouvant pas à la même enseigne: la déconvenue est cuisante pour certains, relative pour d’autres. Les candidats eux-mêmes n’avaient pas le même objectif de campagne: une campagne de gain pour certaines, une campagne de notoriété pour d’autres.

Quoiqu’il en soit, l’une des explications en soubassement de ce constat d’échec de la campagne se trouve dans les erreurs stratégiques imputables aux différents staffs bien qu’ils n’aient pas commis les mêmes erreurs. Voici quelques unes seulement de celles-ci.

Source: <a href=Crédits photo: @rebilaky

Echecs de la campagne municipale à Antananarivo

Deux semaines après les élections municipales à Madagascar, l’heure des debriefings a sonné pour les principaux protagonistes: les candidats, leurs staffs, les états-majors politiques, … (illustration). La campane électorale a-t-elle été une réussite ou un echec? Bien sûr, si on ne se fie qu’aux résultats des urnes, il n’y aurait qu’une seule réussite par circonscription électorale: celle du gagnant; pour les autres, c’est l’échec. En fait quand on se place du côté des acteurs, il faut tenir compte des objectifs affichés et des motivations non avouées des uns et des autres (victoire, notoriété, …); des divers enjeux du scrutin et de son degré de localisme (enjeux purement locaux ou nationaux, …); d’autres paramètres encore (moyens financiers, réseaux de soutiens, …). Il y a des situations où la campagne ait réussi même si le candidat n’est pas élu. A l’inverse, une campagne peut être un échec même si le candidat est élu in fine. Quoiqu’il en soit, une campagne se prépare minutieusement, cela ne s’improvise pas. Voilà pourquoi, ailleurs, on n’hésite pas à faire appel à de vrais political marketers, spin doctors, … à l’instar d’Olivia Pope ou de Kasper Juul.

Le cas de la Capitale: Antananarivo Renivohitra est instructif. Qui peut se targuer d’avoir réussi sa campagne électorale parmi les 9 prétendants à la magistrature municipale? A vrai dire: personne. Même s’il faut souligner qu’ils ne logent pas tous à la même enseigne. Au passage, il est à remarquer que rien que par rapport à la participation, tout le monde a échoué pour ne pas avoir su déplacer les électeurs. Un taux de participation de moins de 30% pour une élection de proximité, et donc censée mobiliser plus les gens, est inédit pour la Capitale. Continue reading